Address
304 North Cardinal
St. Dorchester Center, MA 02124
Work Hours
Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM
Address
304 North Cardinal
St. Dorchester Center, MA 02124
Work Hours
Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM

20,00€
Têtes coupées et moiteurs intimes, l’art de l’Ero Guro.
Le Japon aime-t-il tant les têtes coupées ensanglantées et les jambes ouvertes parce que la mort et le désir, dans son imaginaire, n’ont jamais été des domaines séparés mais deux versants d’une même montagne, celle où l’on grimpe avec l’excitation fébrile d’un pèlerin prêt à s’immoler en arrivant au sommet, et où chaque pas est une blessure qui saigne.
L’ero guro, contraction d’érotique grotesque, n’est pas un genre de l’excès gratuit mais un alphabet visuel et narratif où la chair et la mutilation ne sont que les signes extérieurs d’une obsession plus ancienne, dompter la peur par la beauté, caresser la souillure comme on caresse un sexe, sentir dans la peau de l’autre le parfum froid du cadavre possible. Les têtes coupées, dans les gravures anciennes, ont souvent un visage serein, presque bienveillant, comme si la décapitation n’était pas un geste de haine mais un rituel esthétique, un point final calligraphié avec un sabre.
Les jambes ouvertes, elles, ne sont pas simplement une métaphore sexuelle mais une invitation à pénétrer dans un espace interdit, humide et sombre, où l’on risque de perdre non seulement son innocence mais aussi sa raison. Ce goût du mélange des registres, la luxure et la mort, le raffinement et la boue, le parfum du jasmin sur la pourriture, traverse la littérature japonaise de Mishima Yukio à Murakami Ryū, et plonge ses racines dans le théâtre kabuki aussi bien que dans les illustrations clandestines de l’ère Edo.
Dans les ruelles d’Osaka ou les arrière-salles de Tokyo, l’ero guro devient une respiration trouble, un souffle chaud sur la nuque, rappelant que l’intensité de l’orgasme et celle du dernier râle se nourrissent de la même fièvre.
Avis
Il n’y a pas encore d’avis.